Nous poursuivons la retranscription de quelques extraits des débats des 12èmes Assises de l’énergie qui se tiennent à Grenoble les 25, 26 et 27 janvier.
> Nous signalons par avance à nos lecteurs sourcilleux que ce compte-rendu n’est nullement exhaustif…
> Cliquez ici pour consulter le compte-rendu de la session plénière »quoi de neuf? »

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Les smart grids, intelligents pour qui? (conférence organisée par Gaz électricité de Grenoble) avec des interventions de Damien Huyghe (cabinet Idenea) et Nicolas Flechon (GEG).

L’actuelle évolution du réseau vise à ne pas seulement gérer des équilibres physiques, comme c’est le cas aujourd’hui, mais à opérer, demain, des arbitrages environnementaux. « Demain, on ne gèrera pas de manière basique une augmentation de la consommation en répondant par une augmentation de la production ». Il faudra s’interroger sur les gisements existants… « Il faudra récupérer de la puissance chez le consommateur, en clair faire de l’effacement, puis le valoriser économiquement et techniquement ». Il y aura donc des « box énergie » qui joueront ce rôle-là, sans atténuer le confort du consommateur. Des « contrats de fourniture ad hoc seront proposés: est-il prêt à effacer un peu, à effacer beaucoup? »
Cela pose plusieurs questions (« le consommateur est-il prêt à accepter que le GRD s’invite chez lui? », « impliquer le consommateur suffit-il à garantir l’efficacité du système? »,etc.). Valider l’implication des consommateurs peut rendre la démarche « suspecte » alors qu’aujourd’hui, la « grande qualité du compteur électrique, c’est qu’il n’existe pas – certains ne savent même pas où il est… » Et, dans la mesure où il fonctionne, il est accepté comme tel. « Ce n’est pas si simple que ça de demander aux gens de s’en occuper tous les jours… »
Le consommateur fera la comparaison avec ses autres outils (box de téléphonie…) pour y déceler les éventuels avantages et inconvénients…
Les gains se feront aux heures de pointe lorsque nombre de consommateurs ne sont pas chez eux. Il faudra donc des « automatismes, des équipements… » Sans ces outils, « les économies d’énergie se situeront entre zéro et 5%. Ca peut être zéro. Avec des automatismes, on peut aller jusqu’à 15%. »
Il faut aussi se poser la question des consommateurs qui ont « déjà une consommation intelligente. Pour eux le gain serait minuscule. Quels équipements leur proposer? » Comment passer d’un système invisible à un modèle où le consommateur est impliqué « avec une multiplicité d’usages qui risque d’évoquer le foisonnement et la complexité des offres de téléphonie mobile? » Le risque est de laisser des consommateurs de côté. Or la réussite du système suppose un effet de masse. Il faudra un « système qui intègre nombre de fonctionnalités mais suffisamment basique pour éviter une fracture sociale… » 

Lyon-Grenoble: smart démonstrateur 
« A GEG, on ne peut pas appréhender ce modèle sans faire des démonstrateurs ». Il y a un projet commun, avec Lyon, de démonstrateur smart grid (compteur, intelligence aval compteur…). Ce démonstateur se ferait « à l’échelle régionale, en impliquant des collectivités, des industriels mais aussi des consommateurs ». Il serait fait appel à des sociologues pour analyser les comportements. Ce démonstrateur vise à équiper 1.000 clients d’ici fin 2011, début 2012. Le modèle économique n’est pas encore défini. Le compteur est une « brique, un équipement de réseau, financé par l’opérateur de réseau qui répercute une part de son coût sur le client ». Pour les box, il y a divers modèles de financement; par le consommateur, le fournisseur (qui répercute sur le consommateur…) ».

Photo: compteur évolué d’ENBW