Auditionné par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce mercredi 19 janvier, Gérard Mestrallet, président-directeur général de GDF-Suez, a abordé plusieurs sujets, mais c’est le nucléaire, entre Areva, Atmea et Arenh, qui a occupé le devant de la scène.

Revenant sur l’échec du consortium français d’Abu Dhabi, il a estimé que la France devait en tirer les leçons: « On était les plus chers (…). Les Coréens ont certainement dû faire un effort commercial (…). Développer l’offre française autour du seul EPR sera difficile car c’est un produit haut de gamme ». Il a plaidé pour un catalogue diversifié avec l’EPR et l’ATMEA, celui-ci devant offrir le « même niveau de sécurité ». Si GDF Suez s’est retiré de Penly, c’est parce que le groupe n’y était « pas associé d’un point de vue industriel ». Il a indiqué que GDF Suez aurait souhaité être un acteur industriel de l’EPR de Penly tout comme EDF aurait pu être associé à l’ATMEA, réacteur que GDF Suez souhaite toujours construire dans la vallée du Rhône.

GSNF?
En jouant avec google, on observe que GDF Suez recrute régulièrement dans le secteur du nucléaire, sous le nom de GSNF (GDF Suez Nucléaire France?). On trouve ici des offres concernant responsable du département qualité sûreté radioprotection environnement somanu, des responsables d’intervention sites, un responsable développement SI et appui métier… Ces postes, avec l’intitulé « GSNF/RDSIAM GDF SUEZ Nucléaire France », sont basés à Lyon. Pas très loin du Tricastin, donc…

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Sur le rapport Roussely, il s’est montré très critique, prenant acte du fait que GDF Suez n’y figure qu’à la marge: « ce rapport ne nous concerne pas ». Sur l’évolution du capital d’Areva, il a fait part de ses réserves au regard de la montée en puissance d’EDF: « en tant que grand client, je considère qu’il est important de maintenir l’autonomie, l’indépendance, la cohésion d’Areva ». Il exclut également une participation de GDF Suez au capital: « Il me semble important de bien marquer la séparation entre les fournisseurs-équipementiers, comme Areva, et les exploitants que nous sommes ».

Sur le prix de cession du nucléaire, il a réitéré la position du groupe, celle d’un Arenh fixé à 35 euros le MWh, soit le niveau du tarif bleu pour les clients domestiques. GDF Suez, a-t-il souligné n’a pas l’intention d’acheter l’électricité à 42 euros pour la revendre à 35 (en référence au prix souhaité par EDF).

Sur la séparation des activités, il a estimé qu’elle ne s’était pas traduite par « une baisse des coûts pour le consommateur. C’est même l’inverse ». Sur la cession d’une part du capital de GRTgaz, il a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise à ce jour.

S’agissant des gaz de schiste, il a estimé qu’il était « un peu trop tôt » pour avoir une idée de leur potentiel en France.