Organisée par Chayette et Cheval, la vente de la collection Le Breton n’a pas toujours rencontré le succès escompté, à l’exception de quelques pièces d’exception, dont le fameux radiateur électrique Paz et Silva, à quatre lampes verticales (illustration). Comprenant quatre vignettes illustrées de scènes érotiques et libertines, cet appareil en forme d’éventail provient de l’ancienne maison close Le Chabanais, à Paris. Estimé entre 3.000 et 5.000 euros, le radiateur coquin s’est progressivement envolé au septième ciel priseur, sous l’effet de trois enchérisseurs: deux au téléphone et un dans la salle, représentant la Fondation EDF. Ce dernier a lâché l’affaire à 16.900 euros, tandis que, après un ultime duel téléphonique, le radiateur s’adjugeait d’un élan final à 17.300 euros (soit la somme de 21.025 euros avec les frais), salués d’un tendre coup de marteau. L’origine mondaine de l’heureux acquéreur de ce radiateur lacanien reste inconnue.
Auparavant, il s’était vendu, dans un ordonnancement que n’auraient pas renié Boris et Gudule, des grille-pains, des samovars (dont l’un était « un magnifique témoignage des arts décoratifs soviétiques »), des chauffe-plats (« avec des prises en porcelaine »!), des cafetières (dont l’une ‘avec une prise en simili-ivoire »), des femokas, un shaker de comptoir du Café de Flore (1.800 euros), des sèche-cheveux en forme de fly-tox, évoquant irrésistiblement le design de Star Wars, des chauffe-bigoudis (et ça fait peur), quelques radiateurs normaux (entendez hors lupanar) mais fort beaux pour certains, fort laids pour d’autres, des ventilateurs, des fers à repasser… Des noms de marques connues ou disparues sonnèrent à l’ouïe des amateurs: Calor, Cadillac, Moulinex, Quickmill, Arthur Martin, Electromatic, Sauter, AEG, Babyliss…
Cette vente, (dispersion de la collection Jacques Le Breton) comprenait un « ensemble de plus de 300 modèles entre 1900 et 1950, offrant un panorama représentatif et évolutif des appareils électriques d’application domestique, un ensemble d’ouvrages documentaires et publicitaires sur le design des années 1920-1950, ainsi que de nombreuses revues d’époque concernant les arts ménagers ». Les estimations du catalogue ont été revues à la baisse à des nombreuses reprises, certains objets étant parfois bradés. « Selon les indications du vendeur, les appareils vendus au cours de cette vacation sont en état de marche. Cependant nous déconseillons formellement aux acquéreurs de les utiliser », précisait utilement la maison Chayette-Cheval.