Alors que la probable hausse de la facture d’électricité due à un renchérissement de la CSPE suscite la grogne des associations de consommateurs, le Syndicat des énergies renouvelables déplore que les énergies renouvelables soient tenues pour seules responsables de cette augmentation. Dans un communiqué, le SER observe que, si les énergies renouvelables « bénéficient d’un soutien financier à travers la CSPE » mais « ne représentent pas aujourd’hui, à elles seules, une charge qui justifie l’augmentation de 3,2% de la facture électrique dont les médias se sont faits l’écho. En 2010, les énergies renouvelables électriques auront coûté 6,3 euros par ménage ».

Graphique à l’appui, les professionnels des énergies renouvelables soulignent que le financement de celles-ci « pèse pour 24 % de la taxe quand la cogénération gaz pèse 32 % et la péréquation tarifaire 41%. Historiquement, ce sont bien la péréquation tarifaire et la cogénération gaz qui captent la plus grande partie de la charge de service public de l’électricité ». Et ce sont ces deux tranches de la CSPE qui sont en cause, estime le SER: « le déficit de recouvrement a été creusé ces dernières années par les charges les plus lourdes, à savoir la péréquation tarifaire et les contrats d’achat, concernant l’électricité produite à partir de centrales de cogénération gaz ».

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A l’image de la CLCV qui déplore « une nouvelle orientation des tarifs de l’électricité plafonnés depuis des décennies par le montant de l’inflation », en remarquant que la réévaluation de la CSPE, « après l’augmentation moyenne de 3,4%, le 15 août dernier, signifierait une hausse de 6% à 7% sur une période de 7 mois, alors que l’inflation prévisible serait de 1,5% ». La CLCV dénonce « un manifeste manque de transparence. Le consommateur ne doit pas être la seule variable d’ajustement, EDF doit également réaliser des gains de production (amélioration du taux d’utilisation des centrales nucléaires, abaisser les pertes sur les réseaux etc) ». L’association de consommateurs demande à la Commission de régulation de l’énergie, « comme l’y autorise la loi, (de diligenter) un contrôle indépendant pour vérifier les demandes d’EDF », et à l’Etat « d’entamer des négociations pour garantir l’accès pour tous aux services essentiel, ce qui passe par une refonte des tarifications (et des tarifs sociaux) ».

De son côté, la Confédération nationale du logement considère qu’une « telle hausse va alourdir le coût de la charge logement des familles. Pis, elle va contribuer à l’explosion du nombre de coupures de courant pour impayés, plongeant les ménages dans des situations dramatiques ». Elle « exige que le gouvernement prenne immédiatement un arrêté pour empêcher cette nouvelle hausse. Elle appelle tous les usagers de l’énergie à se mobiliser. A cet effet, elle a lancé une pétition pour demander le gel des loyers et le gel des prix des énergies ».

Voir aussi
– Hausse de la CSPE: les grosses entreprises épargnées,
– CSPE: adoption de l’amendement Carrez-Diefenbacher.

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Crédit photo: Siega