Maitrise de l’éclairage public et pollution lumineuse: ces deux paramètres sont rarement associés bien qu’ils soient intimement liés. D’où l’originalité du projet « lumières d’étoiles en pays dignois« , issu de l’expérience menée en 2009 à Estoublon* pour réduire la consommation d’énergie de l’éclairage public (un programme d’action a permis de la diviser par deux). « Face au succès de cette opération communale, l’idée est venue tout naturellement à la Fédération départementale des collectivités électrifiées des Alpes de Haute-Provence (FDCE) d’étendre cette expérience à d’autres communes rurales du département en prenant pour territoire pilote, celui du Pays dignois ». La FDCE souligne qu’il s’agit probablement de « la première fois en France que l’éclairage public est abordé sous la double approche de la pollution lumineuse et de la maitrise de l’énergie, en impliquant les habitants à cette problématique ». Aussi, l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), co-finance-t-elle le projet le « suit l’opération avec un très grand intérêt ».
L’expérience du pays dignois
L’opération a commencé ce printemps par un état des lieux (enquête auprès des maires, inventaire technique des installations, analyse des consommations d’électricité). Malgré la volonté affichée par les maires » d’être exemplaires en matière de gestion de l’énergie parce que cela représente des dépenses importantes – la moitié de la facture communale d’électricité – et que l’éclairage public prend une place importante dans la vie de la cité », l’étude a pointé » un certain nombre de difficultés, limitant la mise en œuvre d’une sobriété énergétique », comme la taille des communes ou d’autres priorités (voirie , assainissement déchets…). Cependant, beaucoup d’élus « sont conscients que dans un contexte de maitrise budgétaire, la part de l’énergie évoluant durablement à la hausse constitue un enjeu important de la gestion municipale ».
5.900 luminaires, soit 20 luminaires pour 100 habitants: les 27 communes du Pays dignois présentent un taux d’équipement supérieur à la moyenne nationale (14%). Ces infrastructures « conditionnent, bien évidement les niveaux de consommation communale », celle-ci étant « de l’ordre de 114 kWh par an et par habitant, pour une moyenne nationale de l’ordre de 90 kWh par an et par habitant quand un allemand consomme 43 kWh ». L’étude chiffre la facture globale entre 200.000 et 230.000 euros par an. D’emblée, le programme «Lumière d’étoiles en pays dignois» affiche sa volonté d’aller à la « rencontre des habitants pour présenter (les) enjeux et promouvoir un usage raisonné de l’éclairage public. Une première phase de sensibilisation s ’est déroulée du 19 au 23 août à l’occasion de la Foire de la lavande », avec un espace d’exposition sur lequel ont été accueillies « plusieurs centaines de personnes pour les informer des conséquences de la pollution lumineuse liée au gaspillage énergétique ».
Un conte musical, spécialement créé à cette occasion, a été présenté dans plusieurs villages par la compagnie du Théâtre volant. Enfin, le « film «la face obscure de la lumière», documentaire qui entreprend un tour du monde pour témoigner des effets insoupçonnés de l’éclairage extérieur sur le des tin des animaux nocturnes et sur le risque que la lumière artificielle fait courir aux êtres humains » a été projeté.
A l’issue de ces cinq journées de sensibilisation, « les organisateurs ne cachaient pas leur satis faction en matière d’objectifs atteints. Certaines communes ont exprimé leur volonté d’ action concrète et une réunion sous l’égide du Pays dignois, réunissant les maires et présidents de Communautés de Communes sera organisée en septembre pour une phase opérationnelle ».
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* « Estoublon, une expérience unique en Provence-Alpes-Côte d’Azur: pour son action exemplaire permettant de réduire de 50% la consommation électrique, la commune a été sélectionnée Mireille 2009 de l’environnement catégorie «Efficacité énergétique et développement durable» (…). Membres du jury: Etat, Région Provence Alpes Côte d’Azur, Agence de l’eau RMC, ADEME, Conseil Economique et Social Régional, ARPE PACA, organisatrice du prix ».