L’Elysée a mis en ligne un synthèse du rapport de François Roussely sur l’avenir de la filière française du nucléaire civil.
Vous pouvez télécharger ce rapport en cliquant ici.
Extrait:
« Les acteurs de la filière nucléaire française (EDF, AREVA, ALSTOM au premier chef) sont des leaders industriels incontestés en France où ils ont acquis leur expérience initiale : ils figurent désormais aux premiers rangs mondiaux dans leur domaine et peuvent s’appuyer sur plusieurs centaines de PME françaises. Avec 58 tranches nucléaires en exploitation, le parc français apparaît ainsi comme une exceptionnelle réussite technologique et industrielle au moment où le marché des centrales nucléaires est appelé à profondément évoluer.
Dans le monde, nous assistons en effet aujourd’hui à une forte progression de la demande d’énergie nucléaire. Cette « renaissance », qui se traduira probablement par la mise en chantier d’environ 250 nouvelles centrales d’ici vingt ans crée à la fois une opportunité et un challenge pour la France.
La filière nucléaire française est, en effet, confrontée à un double défi à l’horizon 2030.
Sur un plan national, il lui faudra mener à bien les chantiers des quelques nouvelles centrales, assurer le parfait fonctionnement du parc et préparer la prolongation de la durée de vie des centrales actuelles au-delà de 40 ans. Dans le même temps, elle aura à gérer aussi bien le démantèlement prévu de certaines installations que la mise en application du programme relatif aux déchets nucléaires.
A l’international, la tâche est encore plus rude et nouvelle ; elle devra conquérir une part significative du marché des nouvelles centrales, marché fortement segmenté et très concurrentiel.
La filière nucléaire française doit donc s’adapter pour être en mesure d’atteindre ce double objectif. Cette adaptation concerne autant l’Etat que les entreprises du secteur. L’Etat devra continuer d’assumer un rôle central dans l’organisation de la filière nucléaire française, comme le font tous les Etats dans le monde ayant une industrie nucléaire. Les entreprises du secteur ont, quant à elles, pris depuis plus longtemps le virage de l’international. Mais ce faisant, plusieurs faiblesses sont apparues : problèmes d’organisation globale de l’« Equipe France », de compétitivité de l’offre, de capacité de financement, de disponibilité des ressources humaines, de la mobilisation de la R&D, etc…
Les entreprises du secteur ont à faire de considérables efforts d’amélioration de leur offre face aux autres géants du secteur. Elles en ont la capacité, à condition d’apporter des réponses convaincantes à la question du financement du nucléaire et à celle du modèle d’alliances stratégiques à mettre en place pour assurer la performance de l’ « Equipe France » à l’export.
Telles sont quelques unes des questions essentielles qui se posent à la filière nucléaire française auxquelles le présent rapport a pour ambition de répondre. »