Intervenant lors d’un colloque organisé par l’Union française de l’électricité, Henri Proglio, PDG d’EDF, a d’abord précisé que « le métier d’EDF est d’être un opérateur de service public, de l’amont à l’aval ».
S’exprimant sur le projet de loi nouvelle organisation du marché de l’électricité (NOME), il a estimé que ce texte « est issu d’une mauvaise interprétation du souhait de Bruxelles: on nous demande de supprimer les tarifs réglementés, on répond en obligeant EDF à céder une partie de sa production.
On ne peut pas nous forcer à vendre notre production en-dessous de notre prix de revient. Aucune entreprise ne peut survivre à cela ». Le prix de revient complet « doit tenir compte a minima de la possibilité d’augmenter la durée de vie des centrales nucléaires » durant la période donnée (15 ans). Il faudra donc « tenir compte des investissements nécessaires à la durée de vie des centrales. Et ca ne tient même pas compte du renouvellement! », lance-t-il.
Ce prix se situe entre 42 et 45 euros: « on accepte de faire un effort et d’être au niveau du Tartam. C’est aussi simple que ça ». A la question: « Et si ca ne marche pas? », il répond aussitôt: « Si ça ne marche pas. Ce sera non. Car ça ne marchera pas durablement, c’est une question de bon sens. Je pense qu’une loi peut tenir compte du bons sens ».
Plus tôt dans la matinée, Pierre Lederer, directeur exécutif groupe en charge du commerce, avait évoqué une hausse « inéluctable » du prix de l’électricité. « C’est inéluctable parce qu’il faut que l’évolution des prix de l’électricité permette de financer les investissements qui sont nécessaires dans la maintenance des moyens de production (…) et de financer aussi à terme les efforts qui seront menés pour prolonger la durée de vie des réacteurs » (AFP).
Concurrence mon beau souci
François Brottes, député PS de l’Isère: « le marché ne fonctionne pas, ni pour les réseaux, ni pour les fournisseurs, ni pour les consommateurs… »
Henri Guaino aussi avait dénoncé la concurrence, cette « fabuleuse idéologie qui pourrait conduire à une impasse », affirmant que « le temps des politiques publiques est revenu ».