Dans un entretien au Monde, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, plaide pour un « Grenelle 3 » visant à conforter les principes du Grenelle 1, le Grenelle 2 ayant assuré la traduction législative des « des différents engagements techniques ».
Chantal Jouanno propose que ce Grenelle 3 travaille sur « »les suites à donner au rapport Stiglitz sur la mesure de la performance économique et du progrès social » pour faire de la France le premier pays à utiliser des indicateurs révisant « l’ensemble de (son) modèle de croissance, qui ne prend pas en compte la finitude des ressources. Il faut également évaluer l’impact de notre modèle de développement sur le long terme, et sur les inégalités ». Elle indique également qu’il faudrait parvenir à généraliser « la décision à cinq [Etat, collectivités locales, patronat, syndicats, ONG] ».
Elle juge favorablement le projet de loi récemment adopté, estimant que le « bilan global est positif » et détaillant les mesures qui lui paraissent les plus importantes: « avec les dispositions sur le bâtiment, la biodiversité, l’agriculture, l’eau, les risques, on a de quoi avancer. Sur certains sujets, on aurait pu aller plus loin, c’est vrai. J’ai toujours été réservée sur l’application du régime des installations classées pour la protection de l’environnement aux éoliennes, car ce ne sont pas des installations à risque. J’étais favorable à la possibilité d’expérimenter des péages urbains. Sur l’étiquetage environnemental, on aurait pu passer toute de suite à l’obligation sur certains produits ».
Surtout, elle demande à ce que le texte soit jugé « en fonction des résultats: le nombre d’éoliennes implantées, le nombre de produits phytosanitaires retirés du marché… »
Machisme et surprise
Dans cet entretien, elle revient également sur la « période difficile » qu’elle a traversé ces derniers mois, la qualifiant « d’apprentissage accéléré », évoquant, à propos de l’abandon du projet de taxe carbone, « une drôle de surprise ». Elle dit aussi avoir découvert que le machisme existe dans le monde politique français: « sur le machisme, je ne croyais pas certaines femmes politiques quand elles m’en parlaient, maintenant c’est différent ».
Crédit photo: Photothèque Prefecture du Maine-et-Loire