La météo est ainsi faite que c’est un vent de 35 km/h (avec une petite rafale pouvant aller jusqu’à 75 km/h?) qui accueillera les manifestants pro-éoliens appelés à se réunir demain mardi 4 mai, jour où commence l’examen du projet de loi Grenelle 2, à l’Assemblée nationale.
Le rassemblement est prévu à partir de 11h, place Fernand Mourlot, dans le quatorzième arrondissement de Paris, près de la gare Montparnasse. Le cortège se dirigera vers le boulevard Saint-Germain, pour se rendre devant le ministère de l’Ecologie, indique le Syndicat des énergies renouvelables, qui relaie cet appel à manifester inédit dont nous avions eu connaissance, via ABO Wind SARL. Les organisateurs précisent « qu’ils ne souhait(ent) aucune présence politique lors de ce rassemblement ».
Néanmoins, les Verts appellent également à manifester (mardi 5 mai – sic), soulignant qu’ils seront représentés par « Djamila Sonzogni et Jean-Louis Roumegas, porte-parole nationaux (…), accompagnés par Jacques Muller, sénateur et Henri Stoll, maire vert de Kaysersberg (Haut-Rhin) ».
Cette volonté de dépolitiser le débat entre partisans et opposants à l’éolien fait suite à la démission spectaculaire du député (PS) Philippe Plisson de sa fonction de co-rapporteur de la mission d’information sur l’énergie éolienne, présidée par Patrick Ollier (UMP, Hauts-de-Seine). Le député de la Gironde avait alors dénoncé « une connotation anti-éolienne ». Depuis, plusieurs élus ont pris position en faveur de l’éolien. Ainsi, Jean-Luc Bennahmias (Modem), dans un communiqué du 13 avril, estimait « honteux de proposer autant de contraintes à une production énergétique aussi simple ». Yves Cochet, député (Verts) de Paris, a fait savoir que « plus des deux tiers de projets d’éoliennes seraient tués » si le texte du Grenelle 2 était adopté en l’état.
Et, aujourd’hui, dans une « Lettre ouverte à M. Jean-Louis Borloo », publiée sur le site du Monde.fr, Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux, Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, Philippe Plisson, député de la Gironde, et Noël Mamère, maire de Bègles, ont souligné que « l’ensemble des restrictions du rapport Ollier conduira à rendre quasi impossible la création de parcs éoliens pour mieux appeler le ministre de l’Ecologie à « tout mettre en œuvre pour garantir l’éclosion, la croissance et la pérennisation d’une véritable filière française de l’énergie éolienne ».
Du côté de la majorité présidentielle, Eric Diard, député (UMP) des Bouches-du-Rhône, a précisé, lors d’un chat sur le site de La Provence, qu’il « n’y a pas d’un côté les UMP qui veulent détruire la filière éolienne et de l’autre ceux qui veulent la protéger. » Eric Diard est co-signataire avec Marc Le Fur, député (UMP) des Côtes-d’Armor, d’amendements visant à faire sortir l’éolien du régime des installations classées (ICPE): « ce qui est vrai, c’est que les éoliennes posent un problèmes d’acceptabilité, c’est pour cela que je crois beaucoup pour les 10 années à venir au développement de l’éolien offshore. »
Plusieurs associations ont fait part de leur déception, à commencer par Greenpeace qui dénonce « une incapacité à changer les modes de production énergétique », mettant en parallèle le sort réservé aux parcs éoliens et l’approbation « du terminal charbonnier de Cherbourg au lendemain des élections régionales », conjuguée au « surdéveloppement du nucléaire ».
Le Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER) appelle à la mobilisation des « députés pour un développement harmonieux de l’éolien en:
• supprimant tout seuil de taille des parcs éoliens ;
• retirant la soumission des Zones de Développement Eolien aux Schémas Régionaux ;
• retirant la soumission des parcs à la procédure ICPE ».
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Sur son blog, Arnaud Gossement, avocat au cabinet Huglo-Lepage, propose « de sortir les dispositions sur les éoliennes terrestres du texte du projet de loi et de les examiner de nouveau et sereinement selon une procédure de gouvernance à 5 ». Pour lui, il importe aujourd’hui « de réfléchir à une solution plutôt que de persister à vouloir débattre en séance de cet article 34 qui risque de tuer l’éolien et de réduire l’attention sur le projet de loi Grenelle 2 à ce seul dossier… ce serait un incroyable gâchis ».