La taxe carbone semble être la principale victime de la défaite de la majorité aux élections #regionales. Hier, interrogé par Europe 1, Jean-François Copé a soumis son adoption à un consensus européen : « je pense que la taxe carbone, ça n’a de sens que si c’est à l’échelle européenne. Ça ne peut pas être une priorité. »
Aujourd’hui, le Premier ministre François Fillon a annoncé le report sine die de cette taxe, « mettant en avant la nécessité d’une démarche européenne pour ne pas nuire à la compétitivité des entreprises françaises » (AFP).
Les réactions se succèdent, entre satisfaction et regrets (florilège recueilli par l’AFP).
Satisfaction pour Laurence Parisot, présidente du Medef, qui s’est dite « soulagée », Yvon Jacob, président du Groupe des Fédérations industrielles (« C’est une très bonne nouvelle pour les entreprises »), Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA (« C’est une bonne décision, c’est une décision de sagesse »), le Parti socialiste, qui se réjouit de la disparition d’une taxe « injuste pour les ménages », et nombre de parlementaires de la majorité qui, dès ce matin, annonçaient la fin de la taxe carbone sur Twitter (beaucoup de tweets aujourd’hui). Ainsi du député de la Mayenne, Yannick Favennec: « il est évident que cette taxe injuste socialement, économiquement et géographiquement, contre laquelle il s’était élevé dès annonce, n’entrera pas en application, car un accord européen semble illusoire ».
On trouvera aussi l’expression de la satisfaction de l’Union française de l’électricité (UFE): « une telle taxe aurait été perçue comme une «double peine» puisque le marché de l’électricité inclut déjà le prix du carbone dans ses échanges au niveau européen. L’UFE avait également souligné qu’en 2009, le secteur électrique français a été le seul à devoir acheter des quotas pour compléter ses allocations et ainsi couvrir la totalité de ses émissions. Le mécanisme des quotas fait donc d’ores et déjà peser une contrainte financière forte sur le secteur électrique ».
Déception en revanche pour Noël Mamère, les Verts, les eurodéputés Europe écologie Jean-Paul Besset, Pascal Canfin et Yannick Jadot qui estiment que « ce renoncement est d’autant plus dramatique que l’investissement dans la transition énergétique constitue l’un des leviers de sortie durable de la crise avec des centaines de milliers d’emplois à la clé et la réduction de la précarité énergétique », ou encore Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, qui se dit « désespérée de ce recul (…). Je ne suis pas en phase avec cette décision ».
Sans oublier les associations membres du réseau action climat pour qui « l’abandon de la taxe carbone scelle la mort du Grenelle » et adresse une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy:
« Monsieur le Président de la République,
En 2006, vous avez signé le pacte écologique. Vous vous êtes personnellement engagé à faire de la taxe carbone un des piliers de votre politique environnementale.
Or, le Premier Ministre vient d’annoncer son abandon.
La taxe carbone n’est plus, et de votre promesse, il ne reste rien.
Les associations sont scandalisées par le mépris qui caractérise cette décision ».
Réseau action climat a également publié une note de repère « l’abandon de la contribution climat énergie: une décision que rien ne justifie ».
Sur Twitter, les réactions se succèdent aussi. Entre contentement (novaiazemlia: « Je serai pour la #taxecarbone quand les écolos des villes qui hullulent en voyant une voiture auront vécu quelques années à la campagne ») et tristesse: « mistercham: « Chers écologistes, amis de la nature, sincères condoléances »… http://tinyurl.com/yzm4jk7 #taxecarbone #sarkozy #fillon »…