Le projet de centrale au gaz de Ploufragan est de nouveau sur les rails et les alertes électrico-hivernales, entre Ecowatt et Voltalis, n’y sont sans doute pas étrangères. Selon le Collectif urgence réchauffement climatique (Curc), une association d’opposants, la centrale serait relancée après les élections régionales.

Chacun se souvient que le projet initial avait été quasiment enterré par le gouvernement en janvier 2009, qui énonçait qu’il « ne se ferait pas en l’état », car contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement. Ce qui laissait la porte ouverte à un Ploufragan bis. Que l’on retrouvait dans la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) en mars. Puis, les principales collectivités bretonnes, réunies dans un « B 15 », faisaient resurgir la centrale dans un rapport rédigé au mois de juin suivant. Ploufragan y figurait comme une des solutions pour « se prémunir contre tout risque de coupures en période de grand froid ». Et la Bretagne ne produit que 8% de l’énergie qu’elle consomme, soulignait Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional…

Le 2 décembre dernier, répondant à une question de Dominique de Legge, sénateur d’Ille-et-Vilaine (UMP), Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, confirmait que le projet était toujours d’actualité: « l’appel d’offres pour la centrale de Ploufragan a été remporté, avec l’engagement que la centrale soit mise en marche en 2012. D’ici là, on ne pourra agir que sur la maîtrise de la demande ».

Depuis quelques semaines, le projet semble frémir. Selon le Curc, Gérard Yve, délégué régional GdF-Suez, aurait rencontré le Maire de Ploufragan fin février 2010 pour lui « annoncer qu’un accord était intervenu entre Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie et de l’énergie, et Gérard Mestrallet, PDG de GdF-Suez, pour une centrale de pointe à Ploufragan ». Le Curc précise que le projet serait suspendu au calendrier électoral: « compte tenu de l’opposition au premier projet, il a été convenu en haut lieu d’attendre que les élections régionales soient passées pour sortir le 2ème projet ».

L’association fait également état d’un courrier du 12 mars 2010, adressé par Jean-François Carenco, directeur du cabinet du ministre d’Etat, au maire de Ploufragan. Un courrier concernant les « conditions tarifaires faites aux producteurs de cultures sous serre équipées en cogénération » mais qui mentionnerait « en fin de lettre (…) «caractère alarmant de la situation en Bretagne qui nécessite des mesures d’urgence … la mise en service d’un moyen de production, en complément du parc de production existant… apparaît comme la seule solution permettant de faire face à la situation, dans les délais impartis, pour mettre en œuvre le renforcement du réseau… . Je crois pouvoir affirmer que des décisions pourraient être présentées aux élus dans les toutes prochaines semaines» ».

Pour les opposants, deux questions se posent:
– le lieu d’implantation de la centrale (« Pré Rio, zone humide pressentie pour le premier projet » ou le « site de Chaffoteaux »),
– la nature de la « nouvelle » centrale. Centrale de pointe? « Centrale d’un autre modèle, de type moteur à gaz avec cogénération, ne nécessitant pas de renforcement du réseau de gaz. Nous savons par ailleurs que GdF-Suez a vendu les 4 turbines aéro-dérivatives dont il avait fait l’acquisition pour le premier projet », indique le Curc.

A noter
Le site de GDF Suez dédié au projet semble pour l’instant désactivé.