« La croissance verte, un processus de destruction créatrice »: en se plaçant sous la vigilance de Schumpeter, le Centre d’analyse stratégique vise haut. Son rapport, daté de janvier 2010 mais mis en ligne hier, pose d’emblée la question qui fâche: « le concept de croissance verte suggère la montée de nouveaux besoins et la réalisation d’investissements spécifiques favorables à l’éclosion de nouveaux marchés. Ce surcroît potentiel de dépenses ne constitue pas un moteur inconditionnel de créations nettes d’emplois pour l’ensemble de l’économie. Le verdissement des économies repose, en effet, sur l’octroi d’un prix à des biens publics considérés jusqu’ici comme inépuisables. L’apparition de coûts supplémentaires pesant sur les agents devrait en théorie induire un ralentissement de la croissance, toutes choses égales par ailleurs ». Pour mieux tordre le cou au « biais originel » qui affecte la « mesure de la croissance par le PIB ». Ce qui permet au CAS de formuler l’hypothèse suivante: la « croissance verte aurait quelques similitudes avec un effort de reconstruction »… Un sorte de plan green Marshall?
Le rapport répond à diverses questions,qu’il s’agisse du potentiel de création d’emplois verts ou de leur répartition sectorielle (emplois créés et emplois détruits) mais aussi des compétences attendues ou  des besoins de formation.
On observera notamment la partie consacrée au secteurs des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. lE CAS estime que le « potentiel de créations d’emplois qualifiés dépend (…) de l’avance technologique que les entreprises nationales détiennent par rapport à leurs concurrents ». Pour souligner que si « les perspectives sont favorables pour la France dans le secteur de l’eau et des déchets, elles le sont moins dans les énergies renouvelables ».
Parmi les secteurs créateurs d’emplois, le CAS distingue la construction et des énergies renouvelables, dans une moindre mesure la sidérurgie et la production de métaux non ferreux ainsi que les transports. En revanche, souligne-t-il, « l’automobile et le secteur des énergies traditionnelles seraient les principaux secteurs affectés par les pertes d’emplois actuellement identifiées » (pas assez green le diesel?).
Autre donnée à prendre en compte, la démographie: en raison du vieillissement de la population « et malgré le contexte de
récession, le plan de mobilisation gouvernemental pour les emplois verts nourrit des risques de tensions sur le recrutement de certains métiers jusqu’ici faiblement attractifs »
.

Lire aussi: filières vertes d’avenir: quelle politique industrielle?