Avec trois fois plus de dossiers déposés pour des demandes de contrats de rachat d’électricité photovoltaïque, EDF n’a guère profité de la trêve des confiseurs. Chez l’électricien, on parle d’un « effet d’aubaine ». Car, pendant que nos lecteurs songeaient dindes, marrons et bûches, les producteurs (potentiels) d’électricité d’origine photovoltaïque travaillaient d’arrache-pied à peaufiner leurs dossiers pour les transmettre à EDF avant le 1er janvier. Il y avait urgence car, le 31 décembre, prenait fin l’arrêté tarifaire de 2006 permettant de bénéficier du tarif de rachat à 60 centimes pour les installations intégrées au bâti de type hangars agricoles.
> Prenait fin… en théorie, car on est toujours dans l’attente du nouvel arrêté promis par Jean-Louis Borloo en septembre 2009. Or, celui-ci devrait diminuer sensiblement le tarif (aux alentours de 45 centimes) pour ce type d’installations. Extrait du communiqué du Meeddm: « les installations avec «intégration simplifiée au bâti» pourront bénéficier d’un nouveau tarif, fixé à 45 c€ / kWh. La création de ce nouveau tarif favorisera le développement du solaire sur les bâtiments professionnels (bâtiments agricoles, industriels, commerciaux, …). Ce tarif est réservé aux installations d’une puissance supérieure à 3 kWc (soit une surface de panneaux s’environ 30 m2), le Gouvernement souhaitant privilégier, pour les maisons individuelles, des solutions totalement intégrées au bâti. »
Conséquence de ce changement annoncé, EDF s’est retrouvé « submergé » de demandes en décembre, avec un pic en toute fin d’année. « Nous avons reçu 10 caisses de courriers contenant plusieurs milliers de demandes de contrats, indique-t-on chez EDF. Durant l’année, nous recevons entre 7.000 et 8.000 demandes par mois. En décembre, nous en avons reçu environ 20.000 ». Et il ne s’agit pas de demandes de particuliers, mais bien de demandes visant des installations supérieures à 36 kWc. Au total, cela pourrait représenter un potentiel de quelque 1.000 MWc. Avec un tarif de rachat de 60 centimes, le surcoût pour la CSPE pourrait représenter « plusieurs centaines de millions d’euros » car le contrat est fixé pour 20 ans. Chez EDF, on estime cependant que les dossiers ne seront pas tous éligibles: « dans certains cas, c’est n’importe quoi ».
Et aussi
Ce matin, Les Echos revient cet arrêté qui se fait attendre. Depuis septembre, le ministère de l’Ecologie a revu « sa copie à plusieurs reprises ». Un avis de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) souligne en effet « la rentabilité élevée qu’auraient les installations photovoltaïques avec le nouveau tarif, et son coût pour la communauté. Le déficit entre le prix de l’électricité photovoltaïque payée par EDF et facturée aux particuliers est en effet couvert via une contribution au service publique de l’électricité (CSPE). «Une rentabilité des capitaux investis de 7 à 8 % constitue déjà une mesure très incitative», estime la Commission dans son avis, qui n’a pas été publié officiellement. Or «pour les particuliers, le taux de rentabilité interne des projets est, en moyenne de 15,2 %», ajoute la Commission. Un chiffre jugé «délirant» par certains acteurs qui considèrent qu’il ne tient pas compte des coûts de financement du capital ».
Selon les Echos, qui évoque un projet présenté au CSE fin décembre, le gouvernement opterait pour « un tarif de rachat de 0,58 centimes d’euros par kWh pour les installations «intégrés au bâti» (et un tarif de) 0,50 centimes d’euros par kWh pour les autres sites. Enfin, un tarif intermédiaire est créé pour les bâtiments avec «intégration simplifiée» ».