Sur RTL, ce 20 novembre, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie. Au menu le grand emprunt, la qualification de l’équipe de France de football, et… EDF. Verbatim.
Jean-Michel Aphatie: Henri Proglio sera nommé président d’EDF la semaine prochaine et, il y a deux jours, dans le journal Les Echos, il a dit vouloir réorganiser la filière nucléaire française en transformant une partie d’Areva en filiale d’EDF. Ce projet tel qu’il a été présenté est-il le projet personnel d’Henri Proglio ou est-il le projet du gouvernement, Christine Lagarde?
Christine Lagarde: Ecoutez, c’est manifestement une expression d’Henri Proglio qui l’a exprimé dans un journal économique…
Jean-Michel Aphatie: Vous n’en partagez pas le fond?
Christine Lagarde: Je crois qu’il faut faire chaque chose en son temps. Il est sur le point d’être nommé patron d’EDF…
Jean-Michel Aphatie: … mercredi…
Christine Lagarde: Il conserve un certain nombre de fonctions au sein du groupe Veolia comme président non exécutif, ça fait déjà beaucoup.
Jean-Michel Aphatie: Trop?
Christine Lagarde: Non, non, je suis pas en train de dire ça, je suis en train de dire que c’est beaucoup de projets, beaucoup de stratégies à définir, je comprends très bien et j’approuve sa détermination à vouloir renforcer la position française dans le domaine nucléaire, parce qu’on y est puissants et reconnus et qu’on y a largement une longueur d’avance. En revanche, je crois qu’il y a un groupe qui s’appelle Areva aujourd’hui et dont on est en train de financer un plan de développement très important et je crois qu’il faut que chacun s’occupe de ses dossiers.
Jean-Michel Aphatie: C’est bien dit. Il a parlé un peu vite, Henri Proglio, c’est ça?
Christine Lagarde: Chacun doit s’occuper de ses dossiers. Il a beaucoup à faire avec EDF et je pense que le renforcement d’une filière, les éléments d’une intégration que représente le groupe Areva dans la perspective d’investissements et donc d’identification de financements par la cession notamment de l’activité de transmission et distribution, par la recherche de nouveaux partenaires, c’est un projet qui suit son cours, qui a été approuvé par le conseil d’administration et il faut laisser les choses avancer.
Jean-Michel Aphatie: Donc ce matin, Christine Lagarde, sur RTL, vous défendez Areva. L’actuel PDG d’EDF…
Christine Lagarde: Je ne défends pas Pierre, Paul ou Jacques!
Jean-Michel Aphatie: Si, si… Vous défendez Areva…
Christine Lagarde: Je dis qu’il y a des stratégies d’entreprises qui ont été identifiées par des conseils d’administration. il faut les mettre en oeuvre, voilà.
Jean-Michel Aphatie: L’actuel PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, gagne un peu plus d’un million d’euros par mois et, pour ce même poste, Henri Proglio souhaite une augmentation de salaire…
Christine Lagarde: C’est pas un million par mois…
Jean-Michel Aphatie: Un million cent. Euh… par an, pardon. pardon.
Christine Lagarde: Ah bon.
Jean-Michel Aphatie: Un million cent par an. Et, pour le même poste, Henri Proglio souhaite une augmentation de salaire, à peu près le double du salaire actuel. Ceci vous paraît-il légitime, Christine Lagarde?
Christine Lagarde: Ce qui me paraît légitime, c’est ce que j’ai d’ailleurs dit, c’est qu’il n’y ait pas de cumul de rémunérations. Quand on exerce des fonctions non exécutives dans un groupe, exécutives dans l’autre, faut pas qu’il y ait de cumul, faut pas qu’il y ait un avantage comparatif tiré d’une double activité de ce type.
Jean-Michel Aphatie: Mais ma question, c’est l’augmentation du salaire du PDG d’EDF…
Christine Lagarde: J’ai pas à statuer sur l’augmentation du salaire du PDG d’EDF. D’abord, elle sera fixée…
Jean-Michel Aphatie: Les politiques ont du mal à parler de tout ça, hein?
Christine Lagarde: Elle sera fixée par le… Mais non! Chacun doit faire son métier. Elle sera fixée…
Jean-Michel Aphatie: Henri Proglio veut que le salaire d’EDF augmente… Et EDF est une entreprise publique.
Christine Lagarde: On verra ça avec le comité des rémunérations, puis ça sera décidé par le conseil d’administration et on verra en fonction des propositions qui seront faites.
Jean-Michel Aphatie: L’Etat est un actionnaire très majoritaire…
Christine Lagarde: C’est pour ça qu’on sera amenés à s’exprimer au moment du conseil.
Jean-Michel Aphatie: Mais vous ne souhaitez pas le faire ce matin.
Christine Lagarde: On n’est pas au conseil d’administration d’EDF, Jean-Michel Aphatie!
Jean-Michel Aphatie: Je vous le confirme.