Vous souvenez-vous du pic du 19 octobre? Le prix de l’électricité sur le marché spot français a atteint ce jour-là le niveau plafond de 3.000 euros le MWh, durant quatre heures d’affilée (8h à 12h).

La CRE avait annoncé qu’elle mènerait une enquête « dans le cadre de sa mission de surveillance des marchés de gros ». Elle en livre aujourd’hui les premières conclusions.

Elle fait état d’une « brutale tension sur les fondamentaux de production et sur les prévisions d’équilibre entre offre et demande à la veille du 19 octobre », estimant que cela « constitue le fait générateur du pic de prix ». La disponibilité déjà « réduite du parc de production » s’est aggravée d’une révision à la baisse des estimations, « du vendredi au dimanche pour le lundi 19 octobre (-4100 MW*) », conjuguée à une révision à la hausse de la « consommation du vendredi au dimanche pour le lundi 19 octobre (+3000 MW) ». 

Le cumul des écarts s’est donc trouvé « particulièrement élevé, de plus de 7000 MW. Dans le cas particulier d’EDF Trading, cela s’est traduit par des interventions à l’achat sur les marchés résultant de l’application de ses critères internes de gestion du risque et par une moindre disponibilité de capacités à la vente sur le marché français le dimanche 18 octobre matin ».

EDF et l’UFE pointés du doigt
La CRE tance donc EDF en lui demandant « de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour renforcer la fiabilité aujourd’hui insuffisante des données prévisionnelles de son parc de production. Elle demande en outre à l’UFE d’améliorer la transparence des données prévisionnelles et rappelle à cet égard l’importance qui s’attache à la publication des arrêts fortuits par centrale ». Elle se montre plus nuancée à l’égard d’EPEX, à qui « des acteurs de marché ont reproché (…) de ne pas avoir lancé une seconde enchère ». La CRE estime « difficile a posteriori » de juger la pertinence d’une seconde enchère. « La CRE observe que la nouvelle procédure mise en vigueur depuis le 23 octobre maintient la contrainte d’une heure limite à 11h05 pour lancer une deuxième enchère. La CRE recommande à EPEX d’examiner, en consultation avec ses membres et avec ses partenaires du TLC, toute mesure permettant le cas échéant d’assouplir cette contrainte. »

Consulter la délibération de la CRE en date du 20 novembre.

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* « Essentiellement en raison d’arrêts fortuits concernant le parc nucléaire et la centrale hydraulique de pointe de Grand-Maison le dimanche matin. Cette dernière centrale a pu être remise en service en fin de journée le 18 octobre ».