La résolution n° 3, portant renouvellement du mandat d’Henri Proglio, PDG de Veolia environnement, administrateur d’EDF depuis septembre 2004, a été approuvée, lors de l’assemblée générale d’EDF, ce 5 novembre, à 13h49 (96,49% des voix).
Les nominations de Mireille Faugère, directrice générale de la SNCF, Philippe Crouzet, président du directoire de Vallourec, Lord Michael Jay of Ewelme, ancien ambassadeur britannique à Paris, Pierre Mariani, président du comité de direction de Dexia, ont également été approuvées.
Préalablement au vote, Pierre Gadonneix est descendu de la tribune pour saluer l’ensemble des administrateurs présents, dont son successeur.
Question orales
L’APAI (association pour la promotion de l’actionnariat individuel) a posé la question de la durée des mandats des administrateurs (5 ans au lieu de 4 ans comme dans les entreprises privées). Elle a évoqué aussi la possibilité de dividendes majorés en fonction de la durée de détention des actions. Sans oublier « le projet de loi sur les quotas de femmes »: pourquoi n’y en a-t-il que deux représentées au conseil d’administration?
Pierre Gadonneix a promis d’examiner l’idée de dividendes majorés. Quant aux quotas, il a donné la parole « à la repreésentante des minorités » (Marianne Laigneau, secrétaire général d’EDF en l’occurrence), tout en rappelant qu’EDF comptait 30% de femmes dans les effectifs et que « ce pourcentage progresse ». Marianne Laigneau a estimé que la présence de deux femmes au CA d’EDF, « ce n’est pas suffisant, mais c’est déjà bien ». Pour la durée des mandats, il faudrait changer la loi.
Un représentant de « l’association syndicale des actionnaires » a demandé des éclaircissements sur l’affaire d’espionnage présumé de Greenpeace, espérant qu’en « ayant retrouvé un peu de liberté de parole », le PDG d’EDF pourrait lui répondre. « Spontanément, la première fois que j’ai entendu parler de ça, j’ai pensé que je préfèrerais faire confiance à la gendarmerie qu’à une officine », a répondu Pierre Gadonneix. S’il y a des agents du renseignement qui doivent participer à la sécurité nucléaire, cela « doit être fait par des agences publiques et ce doit être public », transparent, a-t-il ajouté. Cependant, EDF n’a pas vocation n’a pas à commenter une affaire judiciaire en cours.
Répondant à une question sur le renouvellement des concessions hydrauliques, Pierre Gadonneix s’est voulu prudent et offensif: « il se peut qu’on ne gagne pas à 100% ces appels d’offres (mais nous ferons) en sorte que ces concessions puissent être renouvelées au profit d’EDF ». En termes de calendrier, Jean-Louis Mathias a rappelé que des discussions étaient en cours avec l’Etat et que les premières échéances n’interviendraient « pas avant 2011-2012 ». S’adressant à ses actionnaires (et à ses concurrents?), le directeur général délégué d’EDF a ajouté: « nous nous préparons activement à nous battre, concession par concession ».
> Lors de son audition au Sénat, Henri Proglio a estimé qu’il il n’y avait « pas de raison qu’EDF perde des parts de marché lors du renouvellement des concessions hydroélectriques« .
Un représentant de la Sicav Proxy (cf notre actu du 27 octobre) a demandé, s’agissant de la nomination d’Henri Proglio, s’il lui sera « humainement possible de cumuler la présidence d’EDF, la présidence du conseil d’administration de Veolia et six mandats d’administrateurs »? La Sicav Proxy a soulevé également le cumul des rémunérations.
Pierre Gadonneix n’ayant pas souhaité s’exprimer sur ce sujet, Henri Proglio a choisi de répondre lui-même, soulignant qu’il avait été « extrêment clair » à ce propos, notamment lors de ses auditions au Parlement. Indiquant que cette assemblée n’était pas le lieu ni le moment pour répondre à ces demandes, il a pris date: « Je le ferai donc en temps voulu (…) si je suis amené à présider cette entreprise (…). Et je serai à la disposition de tous pour répondre à ces question, y compris sur les questions de rémunération ».
Un « ancien salarié d’EDF GDF distribution » a évoqué les difficultés rencontrées par le projet de ligne THT Cotentin-Maine et le recul de calendrier que cela pourrait entraîner pour l’EPR de Flamanville. Un retard? « Non », a répondu Piere Gadonneix, même s’il y a « un vrai défi, celui de l’acceptation sociale » de ces ouvrages. « A ma connaissance, ce n’est pas encore sur le chemin critique du projet », soulignant qu’il y avait un « débat » avec les élus et « les électeurs, car il n’y a pas que les collectivités locales, il y a aussi les électeurs ». Il faut considérer le débat à la fois d’un point de vue de l’emprise de la ligne mais aussi du développement économique local.
Lors des questions orales, la plupart des actionnaires individuels ont salué Pierre Gadonneix en le remerciant d’avoir « fait le ménage » et « relancé l’entreprise ».
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Dividende
Préalablement à cette assemblée générale, EDF a annoncé que son conseil d’administration avait « décidé, comme l’année dernière, de verser un acompte sur dividende au titre de l’exercice en cours ». Cet acompte, de 0,55 euro par action, sera mis en paiement le 17 décembre prochain. Les actionnaires pourront « opter entre le paiement de la totalité de l’acompte sur dividende ainsi mis en distribution, en numéraire ou en actions nouvelles ». A cet effet, l’article 25 des statuts a été modifié (résolution 1: 99,57 % de votes favorables).
Et aussi
Dans son discours préliminaire, Pierre Gadonneix, PDG d’EDF, a souligné que l’entreprise a « plus changé en 5 ans que dans les décennies précédentes (…). Aujourd’hui, EDF est devenu un groupe eu-ro-pé-en », a-t-il martelé, en séparant les syllabes. « Plus de 50% du chiffre d’affaires est réalisé hors de France ».