Après le licenciement de trois agents d’ERDF et d’un agent de GRDF , la CGT avait indiqué n’exclure « aucune initiative, telle une occupation de postes de distribution avec des coupures éventuelles chez des utilisateurs industriels ». Hier, à Toulouse, les coupures, prévues pour être courtes, ont duré plus de 15 heures…
Depuis le 23 octobre, des salariés de Haute-Garonne ont entamé une grève reconductible, à l’appel de la CGT, assortie de débrayages quotidiens. « Un piquet de grève est toujours installé devant la direction d’ERDF, à Basso Cambo, avec un préavis de 8 heures reconductible ». Des coupures sont déjà survenues. Coupures d’électricité dans le secteur de Muret, Mauzac et Plaisance-du-Touch. Coupures de gaz sur les réseaux de Pibrac, Leguevin, Brax, la semaine dernière, dans les communes de Baziège, Ayguesvives, Bessières le 28 octobre.
Hier, 29 octobre, quelque 10.000 foyers de 30 communes la région toulousaine* ont à nouveau subi des coupures d’électricité. Une action revendiquée par la CGT mais avec des nuances. Selon la Dépêche du Midi, le syndicat « précise que des pannes classiques se sont ajoutées aux coupures ». Car il y a eu un « gros couac » , celui de la durée des coupures, liée à la difficulté à identifier les points de coupures: « «C’est un travail de fourmi, car les coupures sont faites sur le terrain : il faut que l’information nous remonte, et ensuite que nous localisions le point de coupure pour rétablir le courant», explique la direction ». En conséquence, certains foyers et commerces ont été privés d’électricité pendant plus de 15 heures, voire 18 heures dans une partie du quartier Pouvourville à Toulouse**.
La direction d’ERDF évoque des « actes de malveillance (et) des « dégradations de matériel, sur lesquelles nous portons systématiquement plainte, ont également été commises ».
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* Lardenne, Saint-Simon, Embouchure, Jolimont, Ginestous, Pouvourville, Sept-Deniers, Purpan, Balma, Castanet, Fenouillet, Villeneuve-Tolosane, Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Tournefeuille, L’Union, Saint-Jean, Montaut, Mauressac, Mervilla…
** « Henri, un retraité du quartier Saint-Simon, a appelé «la mairie, le préfet, tout le monde, et personne n’en avait rien à foutre». Très remonté, il explique que « ceux qui coupent l’électricité mettent en danger la vie des gens. Je n’ai pas d’électricité depuis 1 heure du matin, mes vaccins au frigo son foutus. Il y a des personnes âgées, comment font-elles sans électricité? Et si quelqu’un meurt?» C’est la question qui s’est posée avec acuité à Martine, habitante de Tournefeuille et maman de Benjamin, atteint d’une myopathie et qui a besoin d’une aide respiratoire la nuit. «La machine s’est mise à sonner à 1 heure du matin, raconte-t-elle. C’est la première fois en trente ans que cela arrivait. Heureusement, nous avions des batteries rechargées en réserve. Mais sinon, il aurait fallu appeler le SAMU pour hospitaliser Benjamin. Nous avons appelé EDF pour avoir un groupe électrogène… impossible. Vers 14 heures, nous nous sommes rendus à la direction d’EDF. Nous avons été reçus, et une demi-heure après, le courant est revenu chez nous. Pourquoi n’ont-ils pas pu le faire avant ? Je suis scandalisée. J’ai écrit une lettre au procureur de la République, car il y a eu mise en danger de la vie d’autrui» ».