La publication simultanée de deux documents de travail de Coe-Rexecode consacrés, pour l’un aux certificats d’économie d’énergie, pour l’autre à la production d’électricité éolienne et photovoltaïque, devrait faire grincer quelques dents grenelliennes. Le Centre d’observation économique et de recherche pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises y affiche en effet un certain scepticisme. S’agissant des certificats blancs, c’est la prochaine période (2010-2012) qui retient l’attention. Plusueurs scénarios sont dessinés. Le premier part d’un objectif d’économies d’énergie de 270 TWh cumac pour le périmètre résidentiel tertiaire, assorti d’une sanction financière de 2 centimes d’euro par kilowattheure non réalisé. « La sanction financière effective, écrit le Coe-Rexecode, dépendra des économies finalement réalisées par les ménages. Par exemple, la réalisation d’économies égales à 60 % de l’objectif (soit 160 TWh cumac) conduirait à une sanction de 2,2 milliards d’euros en 2012, la réalisation d’un peu moins de la moitié de l’objectif (120 TWh cumac) à 3 milliards d’euros, etc. » Partant d’obstacles divers freinant la réalisation des travaux (capacité de réponse des entreprises et, surtout, des des ménages à financer des investissements coûteux), le Coe-Rexecode estime que, « pour parvenir par exemple à l’objectif de 270 TWh cumac, les ménages devraient dépenser plus de 20 milliards d’euros en trois ans en espérant des économies de 1,3 milliard d’euros par an à partir de
2013″. A cela s’ajoute le coût des aides publiques lesquelles viendraient « grever le déficit public dans un contexte dominé par la nécessité d’endiguer les déficits ». Considérant que « le bilan socio-économique est négatif pour un objectif de 270 TWh cumac », les auteurs de l’étude plaident pour un scénario moins ambitieux « de l’ordre de 160 TWh cumac pour le périmètre résidentiel
tertiaire ». ou bien, de définir un programme plus amibitieux, de 540 TWh cumac mais sur une durée du programme allongée à neuf ans (2009-2018) « ce qui éviterait à la fois les tensions et les pénalités. Les objectifs intermédiaires pourraient être de 120 TWh cumac en 2012 et 280 TWh cumac en 2015. L’augmentation progressive de l’objectif à chaque sous-période permettrait d’accompagner le développement des capacités dans la filière des économies d’énergie ».
> On ne voit pas comment un programme de 540 TWh cumac en neuf ans est plus amibitieux qu’un programme de 270 TWh cumac en trois ans. Sauf à imaginer que celui-ci serait le dernier.

Pour les énergies renouvelables, le diagnostic est encore plus réservé. Hors le pétrole à 150 dollars le baril, voire 250, il n’est point de salut. En voici la synthèse: « Nous examinons le bilan socio-économique du programme de développement des capacités éoliennes et photovoltaïques envisagé par le « Grenelle de l’environnement » (production de 59 TWh d’électricité éolienne et 5,3 TWh de photovoltaïque en 2020). Le programme d’investissements s’élève à 56 milliards d’euros sur la période 2009-2020 (36 milliards pour l’éolien, 19 milliards pour le photovoltaïque). Le coût moyen de production de ces énergies est encore élevé en comparaison du prix de l’électricité. Le développement de ces énergies renouvelables imposera donc un surcoût pour l’économie française. Dans le cas d’un scénario où le prix de pétrole augmenterait jusqu’à 150 dollars par baril en 2020, le surcoût serait compensé par les économies de CO2 pour l’éolien terrestre. En revanche, le bilan socio-économique demeurerait négatif pour l’éolien maritime et le photovoltaïque. Il le resterait pour ce dernier même avec un prix du pétrole à 250 dollars le baril. Seul le développement d’une filière industrielle dans ce domaine peut pleinement justifier les efforts à consentir. »

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Consulter les études sur le site de Coe-Rexecode.

Illustration: installation de panneaux solaires dans la Nièvre alors que le pétrole reste inférieur à 250 dollars.