Dans son compte rendu du comité central d’entreprise GRT Gaz, FO* livre quelques chiffres relatifs à la faible féminisation des effectifs du transporteur gazier, en s’appuyant sur la présentation du rapport relatif à l’égalité professionnelle de 2008. Ce n’est pas une singularité en soi: les industries électriques et gazières se caractérisent par une forte présence masculine, d’autant plus élevée que l’on s’élève dans la hiérarchie.
A GRT Gaz, le taux de féminisation est donc faible (17,3% de l’effectif) et les femmes se retrouvent plutôt en bas de l’échelle salariale et hiérarchique: « les GF les plus féminisés restent les GF 7, 8, 9 avec une stabilité concernant les GF 12-18 », observe le syndicat. A cette différence que l’on peut qualifier d’historique s’ajoutent des éléments nouveaux: un faible taux (6,9%) des contrats d’apprentissage pour les femmes, une part des femmes dans le volume de formation qui reste inférieure à leur part dans l’effectif (11%) et, plus troublant, l’augmentation du nombre de femmes qui quittent GRTgaz – Même si ces départs se font vers d’autres entreprises de la branche, sinon du groupe GDF Suez.
Question embauches, FO note qu’elles sont faibles « dans les collèges Exécution-Maîtrise (et déplore que) les unités suppriment, de manière opportuniste, les emplois de secrétaires ou de RH ».
Regard féminin sur l’énergie
La hiérarchie de GRTGaz et son conseil d’administration sont aussi marqués par une présence dominante des hommes. L’équipe dirigeante accueille une femme (Sylvine Mazet, directrice des ressources humaines) et quatre hommes, dont le directeur général. Quant à son conseil d’administration, il compte deux femmes (Florence Weingarten, responsable du service M&A corporate & business development de GDF Suez, et Florence Tordjman, commissaire du Gouvernement) et 13 hommes.
La tendance est générale dans le secteur énergétique où la plupart des sites officiels indiquent, sans jeu de mots bien sûr, que le « comité de direction est composé de x membres » (mais aussi le conseil d’administration), tous masculins en général.
C’est le cas à GDF Suez, où la gouvernance reste une affaire d’hommes avec un « Comité de Direction (…) composé de six membres ». Quant au comité exécutif (18 membres), il ne compte qu’une seule femme, Valérie Bernis, en charge de la direction de la communication et de la communication financière.
A EDF, le comité exécutif regroupe 15 personnes, dont le PDG et… deux femmes. Marianne Laigneau (Secrétaire général) et Anne Le Lorier (Corporate finance et trésorerie). Le conseil d’administration est composé de 18 membres, dont seulement deux femmes (Marie-Catherine Daguerre, parrainée par la CGT, les 5 autres représentants des salariés étant des hommes) et Marie-Christine Nadeau, secrétaire du Comité central d’entreprise. Les six administrateurs désignés par l’Etat sont masculins.
> Les observateurs avisés observeront qu’au bal des prétendants à la succession de Pierre Gadonneix, ne figure guère qu’une seule femme, Anne Lauvergeon, président du directoire d’Areva. Mais les rumeurs ne l’ont jamais placée en tête.
On retrouve Anne Le Lorier au conseil de surveillance d’ERDF aux côtés de Catherine Cros (directrice à EDF du projet performance des fonctions centrales) et Danielle Schwartz (directrice de l’emploi). Conseil de surveillance où l’Etat envoie deux représentants masculins et la CGT une seule femme (Brigitte Gajan) sur 4 représentants des salariés, la CFE CGC optant aussi pour le sexe fort. Quant à l’exécutif d’ERDF, il est composé de 5 hommes.
Chez RTE, le goût du masculin ne se dément pas: « le directoire est composé de 4 membres », évidemment des hommes. Cela se féminise un peu du côté du conseil de surveillance, avec 4 femmes pour 12 membres (Marianne Laigneau, Anne Le Lorier, Nicole Verdier-Naves, directeur développement des dirigeants du groupe EDF, et Catherine Cros), les syndicats ne manifestant là encore guère d’intérêt pour la gent féminine avec quatre représentants (sans e) des salarié-e-s, nommées par la CGT et la CFDT.
Côté pétrole, même logique mâle chez Total, avec un comité exécutif entièrement masculin (6 membres) et un comité directeur qui accueille deux femmes et 16 femmes.
Du côté des « nouveaux entrants », les femmes aussi sont sous-représentées. Direct énergie est dirigé par un triumvirat exclusivement masculin, tandis que son conseil d’administration porte cravate (8 hommes pour 8 membres). La hiérarchie compte cependant Anne de Cadaran, secrétaire général, Armelle Balenceu, directrice marketing et ventes directes, et Gaëlle Perret, directrice des ressources humaines. Triumvirat aussi pour l’équipe dirigeante d’Altergaz et masculinité à 100% pour le conseil d’administration (9 places, 9 hommes).
Quant à Poweo, qui n’a pas mis à jour son site Internet, on observera que son comité exécutif regroupait, avait l’arrivée de Loïc Capéran, outre Charles Beigbeder, 5 membres dont une seule femme (Catherine Carde, directrice de l’organisation et des systèmes d’information).
On n’oubliera pas les 9 commissaires de la CRE, sans oublier les instances de l’UFE (ici et ici) et de l’AFGaz (là et là) , bien masculinisées.
Trois exceptions
Dans cet univers du costume-cravate, on remarquera l’exception GRDF avec la présence de Laurence Hézard au sommet de l’exécutif, celle d’Anne Lauvergeon aux commandes d’Areva et, à la tête de Primagaz, de Myriam Maestroni. Mais Laurence Hézard n’accueille qu’une seule autre femme à son comité exécutif (Catherine Edwige, directeur processus métiers) qui compte 11 personnes. Mais Anne Lauvergeon est la seule femme membre du directoire d’Areva qui accueille trois hommes, tandis que son conseil de surveillance compte 14 hommes pour une femme (Guylaine Saucier).
Et la FNCCR?
Charité bien ordonnée… Les élus locaux sont bien souvent des hommes… A la FNCCR, le conseil d’administration accueille beaucoup d’hommes et seulement cinq femmes: Denise Saint-Pé, Conseillère régionale, présidente du Syndicat départemental d’électrification des Pyrénées-Atlantiques, Fabienne Labrette-Ménager, Députée, Vice-présidente du Conseil général de la Sarthe, Catherine Peyge, Maire, Présidente du Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication, Andrée Buchmann, Conseillère régionale, Vice-présidente du Syndicat départemental de l’eau et de l’assainissement du Bas-Rhin, Anne Le Strat, Adjointe au Maire de Paris, chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux
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Et aussi
FO estime que la situation économique explique la diminution du pourcentage de femmes travaillant à temps réduit (moins 3 points, à 37%), « le retour à temps plein (…) traduisant sans aucun doute les besoins financiers ».