Rien ne va plus sur le chantier de l’EPR finlandais, Olkiluoto 3. Lors de la présentation de ses résultats semestriels, Anne Lauvergeon, PDG d’Areva a annoncé que le groupe avait provisionné 550 millions d’euros sur ce réacteur de troisième génération. Ce qui fait monter l’ardoise de ce chantier, présenté comme symbolique par les partisans comme, désormais, les opposants de l’énergie nucléaire, à quelque 2,3 milliards d’euros. Outre un quasi-doublement du coût de réalisation (au moment de la signature fin 2003, le projet était estimé à 3 milliards d’euros), le calendrier subit de nouveaux retards. L’exploitation de l’EPR était prévue pour le milieu de… cette année; désormais Areva annonce un démarrage en 2012.
Les provisions ont lourdement pesé sur les comptes d’Areva: le bénéfice net chute de 79 millions d’euros, à 161 millions d’euros. Le groupe peut cependant se targuer d’un carnet de commandes gonflé à bloc (+28% par rapport au premier semestre 2008) et d’un chiffre d’affaires en progression de 6% (6,5 milliards d’euros).
Anne Lauvergeon a indiqué que son groupe avait cédé ses participations dans GDF Suez et Total, préparait celles d’Eramet et STMicroelectronics tandis que la cession de sa filiale T & D (transmission et distribution) ne se ferait que dans des conditions financières, industrielles et sociales « acceptables ».
A la bourse de Paris, vers 10h45, le titre Areva cède 2,33% à 391,50 euros.

Conflit entre TVO et Areva
Qui est responsable du retard? Les deux partenaires se renvoient la balle et discutent, entre autres, par tribunaux interposés. TVO réclame 2,4 milliards d’euros d’indeminités à Areva qui, avec l’appui de Siemens, exige de son côté 1 milliard d’euros, affirmant que les retards sont imputables à TVO qui ne traiterait pas les documents dans les délais prévus (11 mois au lieu de 2 mois).
Conséquence: Anne Lauvergeon a agité, pour la première fois, la menace d’un arrêt du chantier.