Le Sipperec a à nouveau réclamé de la « transparence » sur la question des tarifs réglementés de vente de l’électricité, mettant en avant la forte hausse que la nouvelle grille tarifaire entraînera pour plusieurs millions de foyers: « si la presse a souligné qu’environ un million de clients pourraient bénéficier de diminutions de leur facture, il semble au vu des estimations rendues publiques par le Régulateur qu’environ 3,5 millions de clients au tarif bleu supporteront une augmentation égale ou supérieure à 10% », souligne le Syndicat, qui regroupe 80 communes d’Ile-de-France et compte plus de 3 millions d’habitants.
Estimant que le décret du 13 août « est venu modifier fondamentalement la structure des tarifs réglementés, inchangée depuis 1988 », en visant à « intégrer à l’avenir et de façon systématique toute évolution du TURPE », le Sipperec rappelle qu’il a a déposé le 24 juillet 2009 un recours gracieux auprès du Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de
l’Aménagement du Territoire et de la Ministre chargée de l’Economie, en vue d’obtenir le retrait de leur décision relative au TURPE 3, (recours qui) demeure à ce jour sans réponse ».
Le syndicat présidée par Catherine Peyge estime que de tels changements méritent d’être étudiés « de façon plus approfondie » et transparente, déplorant à ce titre qu’une « modification aussi fondamentale du décret de 1988 n’ait pas été précédée d’une large concertation, intégrant en particulier les autorités concédantes et que les préconisations du rapport Champsaur n’aient pas été débattues avant la parution de ces décrets ».
En outre, il s’indigne que les plus fortes augmentations résultant de la nouvelle grille tarifaire touchent en premier lieu « les petits consommateurs, ceux qui consomment uniquement pour leurs besoins essentiels (lumière, électroménager) » et, par ricochet, ceux qui sont « en difficulté de paiement ».
Consulter le communiqué du Sipperec.
Consulter notre précédente actu détaillant l’évolution des tarifs réglementés de vente d’électricité au 15 août.
Consulter l’avis de la Commission de régulation de l’énergie du 10 août 2009 portant avis sur le projet d’arrêté relatif aux tarifs réglementés de vente de l’électricité.
Consulter l’article déclencheur de Médiapart (14 août) consacré aux TRV.

Et aussi
> Sur notre forum, « Jason » fait observer que  » les (rares) clients élus ayant choisi le…Tartam bleu avec une faible puissance… (…)i paient un abonnement inférieur aux tarifs réglementés ».
> Dans son édotirial en date du 21 août, Enerpresse revient sur la hausse du tarif Tempo, tarif qui a le mérite de détourner la consommation des heures de pointe, faisant la parallèle avec la récente polémique autour de Voltalis: « De même, l’effacement des jours de pointe aurait été majoré de 5%. Ces augmentations interrogent sur la volonté réelle de pousser les consommateurs à adopter des comportements plus rationnels, limitant la pointe et les surcoûts de production qu’elle engendre. Cette question avait déjà été abordée lors de l’«affaire Voltalis» (cf. Enerpresse n°9868). Il était alors question de la rémunération des intermédiaires offrant à RTE des capacités d’effacement. Aujourd’hui, la problématique est moins complexe: faut-il pénaliser les consommateurs qui s’imposent déjà des contraintes pour éviter les coûteuses pointes du système électrique français ? » Et de s’interroger: « Reste à savoir si le signe préféré de la CRE est celui de la vache à lait ».
Interrogée par l’AFP, la Commission de régulation de l’énergie a donné des estimations relatives à l’augmentation de la facture des ménages concernés par la réforme tarifaire: « Pour la plupart, la hausse des factures sera entre 0 et 20 euros par an, mais pour certains, l’augmentation dépassera 50 euros par an, selon cet avis. La facture de plus de 1,5 million de sites soumis au tarif bleu augmentera de plus de 15%, mais «cela représentera peu d’euros par an, car ils payaient peu», explique la CRE. En revanche, 22% des sites devraient connaître une baisse de facture (TVA et contribution tarifaires d’acheminement incluses, mais hors taxes locales), principalement de 0% à 2% et de moins de 20 euros par an ».