François Fillon a mis fin (provisoirement) aux multiples débats liés à la création d’un nouvel impôt « écologique », baptisé par les uns « taxe carbone », par les autres « contribution climat énergie », estimé ici à 32 euros la tonne, ailleurs moitié moins, touchant toutes les sources d’énergie ou bien en exonérant l’électricité. Dans une interview à paraître samedi (samedi!*) dans le Figaro magazine, le Premier Ministre indique que cette CCE, pardon « taxe carbone », s’appliquera « de façon progressive », s’appuyant sur les prix du marché (soit 14 euros la tonne), qu’elle ne touchera pas l’électricité (c’est EDF qui va être content) et, rentrée des classes et pouvoir d’achat oblige, qu’elle n’entraînera pas de hausse des prélèvements obligatoires. pour les ménages, le futur impôt devrait s’avérer neutre, le Premier Ministre évoquant plusieurs pistes de compensation: rédution de la fiscalité sur le travail, diminution de l’impôt sur le revenu, baisse des cotisations sociales. Quant à ceux qui consomment beaucoup de carbone de manière contrainte, des dispositifs spécifiques sont à l’étude: « Pour nos concitoyens les plus défavorisés, des inactifs et des habitants des territoires ruraux, nous étudions en outre des mesures financières d’accompagnement. Il est hors de question d’appliquer uniformément ce dispositif à des Français qui ont le choix et à d’autres qui ne l’ont pas ».
Répondant indirectement à Laurence Parisot, présidente du Medef, qui avait souhaité que les entreprises soient elles aussi bénéficiaires d’un chèque vert, François Fillon annonce que la future taxe carbone sera « compensée par une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements ».
Finalement, le débat n’est pas clos: les agriculteurs, par le biais de la FNSEA, veulent une exonération. Nicolas Hulot juge le prix trop faible. Le Parti socialiste estime la taxe « inefficace et injuste » déplorant qu’elle ne touche pas « les groupes industriels les plus pollueurs (et) ne concerne pas l’électricité ». A l’UMP, des doutes subsistent: Gérard Longuet, président du groupe au Sénat l’exprime: « On peut appeler ça une taxe carbone, une contribution climat-énergie, reste qu’il faut payer (…). Ce ne sont jamais ceux qui payent qui reçoivent (et il y a un risque d' »inégalité géographique ». Les écologistes sont les seuls à afficher leur satisfaction face au projet à condition qu’il soit « socialement soutenable ».
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* Effet web: il faut désormais annoncer 2 jours à l’avance ce qu’on publie sur papier.