Menace sur l’éolien terrestre et l’éolien offshore? A GDF Suez, on semble le penser et on l’exprime fortement.
Lors du colloque organisé par Ladislas Poniatowski, sénateur de l’Eure et président du Syndicat intercommunal de l’électricité et du gaz de l’Eure, Henri Ducré, directeur énergie France de GDF Suez, est revenu vigoureusement sur les objectifs assignés à la France en matière d’énergies renouvelables : « ce n’est plus une idée, c’est un objectif. il a été fixé. comme industriel, un objectif, je mets tout en oeuvre pour l’atteindre. Donnons-nous collectivement les moyens d’y arriver« .
Premier élément-clef, la rentabilité: « On parle de 90 milliards d’investissements pour atteindre ces objectifs. Il faut créer les conditions de la rentabilité sinon les investisseurs n’y souscriront pas. » Interrogé pour donner des exemples, Henri Ducré a évoqué les tarifs de rachat pour l’éolien offshore (130 euros le mégawattheure en France, contre 150 euros en moyenne en Allemagne) qui « ne permettent pas le développement » de cette filière, en dépit de l’importante façade maritime de la France.
 » – Combien ?
– Déjà 30 euros de plus, ce serait bien
« .
Deuxième élément, l’alourdissement des procédures: « On a besoin d’un cadre réglementaire lisible et stable. La procédure de l’ICPE* appliquée à l’éolien, ça me fait froid dans le dos! Les mesures de bruit en limites de propriété, ça n’est absolument pas appliqué à l’éolien« . Evoquant également les PLU, les POS, les possibilités de recours, il a martelé que tout cela ne « pouvait pas donner confiance aux investisseurs« .

Henri Ducré s’est-il concerté avec Jean-Michel Germa, président de La Compagnie du vent, filiale de… GDF Suez? Au même moment, lors d’un colloque Small & MidCaps de Reuters sur l’énergie, celui-ci déclarait que « l’activité de l’éolien terrestre en France a été complètement décimée par un moratoire de fait sur le terrain, en raison des préfets qui ne délivrent presque plus de permis et des associations qui attaquent les permis de construire (…) L’administration ne considère pas la profession comme un enjeu d’importance face aux quelques associations qui font des recours. La situation est complètement bloquée et il n’y a aucune reconnaissance dans l’esprit de l’administration française et du gouvernement (…). On a vraiment l’impression qu’on est quantité négligeable et qu’on est l’homme à abattre« . Mêmes propos que ceux d’Henri Ducré, s’agissant de l’ICPE: C’est « de nature, sans que cela se voie, à bloquer complètement le développement de l’éolien terrestre ou au minimum de le ralentir pour environ sept ans. » Jean-Michel Germa a également souligné l’impact négatif de la suppression annoncée de la taxe professionnelle: « L’Etat sait très bien (que cela) va supprimer le développement de l’éolien dans toutes les communes rurales« .
Au final, il agite la menace d’une délocalisation de ses projets… « La Compagnie du Vent a vocation dans ces conditions à abandonner un certain nombre de créations d’emplois, de projets qu’elle avait sur le territoire national pour aller les faire à l’international (…). Ce dont l’administration française ne veut pas en France, il y a beaucoup de pays qui se battent pour obtenir la même chose. »

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A quand une campagne: « nos éoliennes sont nos emplois »?

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* ICPE: procédure d’autorisation des installations classées pour la protection de l’environnement.