Faut-il instaurer une CCE, une contribution « climat énergie » (on ne dit plus taxe carbone)? A priori, non, pour l’UFC Que choisir, qui a fait part de son scepticisme peu après la présentation de la « conférence de consensus », qui aura lieu les 2 et 3 juillet à Paris, par Jean-Louis Borloo, Christine Lagarde, Chantal Jouanno et Michel Rocard lors d’une conférence de presse, ce 10 juin.
Pour l’association de consommateurs, il faudra que la « hausse injuste des dépenses » liée à l’instauration de la CCE soit compensée. Elle a fait part à ce titre de son « inquiétude quant à (l’impact de la CCE) sur le pouvoir d’achat » . En outre, « l’UFC-Que Choisir souligne son scepticisme quant à l’efficacité environnementale de cette mesure », soulignant que les consommateurs, « avec la carence actuelle d’alternatives, peinent à réduire leur usage d’énergie ». Elle met en avant la hausse du prix du carburant (5% par an entre 1995 et 2006) conjuguée à celle de la consommation qui « s’est accrue de 7,6% sur la période ». Même pression sur le pouvoir d’achat du côté du chauffage au gaz et du fioul domestique où « la faiblesse de l’élasticité prix est encore plus prégnante ».
En compensation, l’UFC préconise la création d’un « chèque vert » à tous les ménages, permettant de redistribuer l’argent collecté via la CCE. « Dans ce cadre, l’argent prélevé revient globalement au consommateur tout en gardant une velléité incitative : ceux qui consomment beaucoup d’énergie paieront plus que le montant unique du chèque vert et les ménages faiblement consommateurs seront gagnants puisque le chèque vert sera supérieur à ce qu’ils paieront en taxe carbone ».
A savoir
Lors de la conférence de presse, Christine Lagarde a souligné que la future CCE se fera à prélèvements constants.