Le 23 janvier, à Paris, était organisé, à l’initiative de François-Michel Gonnot, député de l’Oise, un colloque intitulé l’Europe de l’énergie, de la libéralisation à l’interconnexion des marchés. Avec, pour les consommateurs, cette principale question: l’interconnexion des réseaux en Europe crée-t-elle un marché unique et, si oui, celui-ci sera-t-il favorable aux consommateurs? Propos choisis.
Dominique Maillard, président de RTE:
– « Lorsqu’on parle de nos projets d’interconnexions avec d’autres pays, on les qualifie de projets mercantiles. Exporter des voitures ou des Airbus, c’est très bien. Mais exporter des électrons, non… C’est mercantile. Soit: il faudra en tenir compte. »
– (à propos de la liaison France Espagne) « On pourra argumenter sur d’autres éléments: la mutualisation et la solidarité des réseaux ou le développement des énergies renouvelables, très présentes en Espagne. »
– « Aujourd’hui, ce ‘est pas une contrainte financière qui freine la réalisation des ouvrages. »
Pierre-Franck Chevet, directeur général de la DGEMP:
– « Si on met au-dessus de votre tête une ligne à très haute tension, il est facile d’imaginer qu’il y ait des réactions locales. »
Philippe Monloubou, directeur de la division particuliers et professionnels d’EDF :
– « L’évolution vers un marché unique est une tendance de fond qu’EDF soutient (parce qu’elle sera) profitable à nos clients-consommateurs ».
François Brottes, député de l’Isère:
– « Le consommateur final est-il vraiment concerné par l’interconnexion? »
– « Le consommateur est inquiet parce qu’il reçoit des offres auxquelles il ne comprend pas grand chose et qu’il voit que les prix augmentent. »
Jean-Claude Lenoir, député de l’Orne, s’exprimant à propos de la date du 1er juillet 2010 à partir de laquelle il ne sera plus possible de demander les tarifs réglementés d’électricité et de gaz:
– « Cette date a été choisie parce qu’il fallait une date pour éviter la censure du conseil constitutionnel. S’il le faut, il faudra prolonger la période pendant laquelle les tarifs réglementés seront accessibles aux petits consommateurs. »
Yves Cochet, député de Paris:
– « Je ne suis pas du tout un fanatique des interconnexions. mieux vaut multiplier les productions décentralisées. En France, nous avons 54 réacteurs nucléaires mais seulement 19 centrales. Tout cela est très centralisé! Je note d’ailleurs que dans centralisée, il y a centrale… En termes de solidarité locale, il vaut mieux avoir des milliers de petits producteurs que seulement 19 centrales. »
Fabien Choné, directeur de Direct-Energie:
– « Il est important de créer des centrales de production le plus près possible des centres de consommation. »
– « Si, en Europe, un pays refuse le nucléaire, les autres pays qui, eux, ont fait le choix du nucléaire, seront-ils solidaires avec ce pays? On voit bien que la question du marché unique implique celle d’une politique unique. »
– « Il est fondamental que le choix du nucléaire fait en France profite d’abord aux Français et la Commission européenne commence à le comprendre. »
Jacques Mopin, administrateur d’UFC-Que choisir : « On est inquiets, plus qu’inquiets. Et on a peur d’être obligés de se mettre en colère. »